1938, Centenaire de l’église Saint-Remacle :
Une médaille commémorative

S’il est assez courant de rencontrer des médailles de dévotion, il l’est assurément moins de trouver une médaille, en principe non-portable, émise en commémoration d’un événement particulier, à caractère religieux. La frontière entre ces deux catégories n’est pas toujours imperméable. Pensons à la médaille de dévotion créée par la Deutscher Kirchenverein zu Verviers en 1860. La mention de ce millésime sur son revers lui fait prendre place dans la série des médailles commémoratives, tout en lui conservant son « statut » de médaille de dévotion. En 1956, lorsque le Conseil de fabrique de l’église Notre-Dame décida de solenniser les fêtes septennales par la frappe de trois médailles, du même type, en or, argent et laiton, aucune mention n’était faite de ce millésime 1956.

Quant au type, il s’inspirait de celui d’une médaille frappée antérieurement. On peut considérer cette émission comme commémorative alors qu’un observateur non averti pourrait n’y voir que de simples médailles de dévotion, semblables à celles que l’on pouvait se procurer dans le commerce. La médaille religieuse que nous présentons ici se classe d’emblée dans la catégorie des pièces commémoratives.

La publication récente par M. Jacques Wynants d’une brochure consacrée à l’église Saint-Remacle nous a rappelé les circonstances qui amenèrent au XIXe siècle la construction du nouvel édifice qui allait remplacer le bâtiment, tombé en vétusté, qui pendant des siècles avait été le siège de la paroisse primitive de Verviers, qui s’étendait bien au-delà du territoire de la ville, à l’époque de sa création.

Un siècle venait de s’écouler depuis l’inauguration du nouveau temple le 8 octobre 1838 ; l’événement fut commémoré solennellement à cette même époque de l’an 1938. On fit défiler en ville, à deux reprises, un cortège historique tandis qu’une exposition était présentée dans les locaux de l’Institut Sainte-Claire, en Sècheval. C’est là que les visiteurs pouvaient se procurer une médaille commémorative en bronze au prix de 2 francs, l’exemplaire en argent coûtait 20 francs. Quatre médailles en or avaient été souscrites par des collectionneurs.

L’abbé Auguste Maquinay, dans son Histoire de la paroisse de Verviers, parue dans le Bulletin de la Société Verviétoise d’Archéologie et d’Histoire, précise qu’il fut frappé 4 exemplaires en or, 100 en argent et 5.000 en bronze, ce qui pourrait représenter un record pour Verviers. A notre connaissance, jamais une frappe de médailles n’a atteint un tel volume.

La médaille, d’un diamètre de 27 mm., peut se décrire comme suit :
D./ saint Remacle, accompagné du loup. Sur le tour: ST REMACLE, PATRON DE VERVIERS
R./ La nouvelle église Saint-Remacle. Sur le tour : CENTENAIRE DE L’EGLISE ST REMACLE Sur le bas : -1838-8 octobre-1938-

Georges-Xavier Cornet