Les faits révolutionnaires à Verviers, fin août 1830

Pour mettre fin à cette brève présentation (juste de quoi donner envie d’en savoir plus à ceux qui aiment…), voici quelques considérations générales et une réflexion sur les causes. (3ième partie)

On aura compris que la révolution de 1830 est un phénomène à facettes multiples. A l’aspect social évident se mêlent, même chez les prolétaires, d’autres aspirations. Les émeutiers réclament du pain, en brandissant un drapeau français…D’autres reviennent d’un pillage de grains en clamant des slogans qui mélangent pain et liberté… On le voit, rien n’est simple.

De plus, pour notre région, 1830, ce sont des événements d’août et début septembre. A Bruxelles, c’est fin septembre. Bien que nos aïeux se soient joints eux aussi aux combattants de l’indépendance. Et, pour corser le tout, un club, un groupe de pression se crée à Verviers en septembre et s’efforcera d’influencer les délégués au Congrès National.

Bref, méfions-nous des images d’Epinal, des simplifications.

Revenons aux causes de ces émeutes.

Les auteurs ont avancé une crise dans le crédit et l’industrie en 1830. D’autres allèguent l’utilisation des machines, des tondeuses, les machines à raser . D’autres encore relèvent le coût de la vie, avec les impôts qui font hausser le prix des marchandises, dont le pain, aliment de base.

Une crise dans le crédit et l’industrie ?

C’est vrai que deux banques locales ont fait faillite en avril-mai 1830. Si cela a entraîné la déconfiture de fabricants, la marche de l’industrie ne paraît pas avoir été sérieusement freinée.

D’ailleurs, un comptoir d’escompte verviétois a été créé à l’initiative de chefs d’entreprises. Ils ont peut-être été alarmés mais ont réagi rapidement.

L’utilisation de nouvelles machines, les tondeuses ?

Ces machines ne sont pas nouvelles puisqu’on les évoque déjà en 1819.

Ces deux éléments (crise du crédit, nouvelles machines) ont peut-être provoqué une certaine méfiance, ou renforcé un malaise latent, sur fond de misère perpétuelle.

Dire que la révolution viendrait de là…il y a de la marge.

Par contre, le mécontentement populaire, déclencheur des troubles, paraît lié aux impôts indirects et donc au prix des denrées de première nécessité.

Fin 1829, le gouvernement a supprimé la taxe sur la mouture, mais il reste celle sur l’abatage, abolie fin 1830, donc après les événements. Il reste surtout les droits relatifs à la production et à l’importation de sel, de bétail, de vin, d’eaux-de-vie, de bière, de vinaigre, de sucre…

Les auteurs vont expliquer la colère des émeutiers par ces droits et par le prix du pain.

Jean FOHAL, déjà cité précédemment, affirme : Ce qui, en 1830, mécontentait particulièrement l’ouvrier verviétois, c’était la cherté de la vie : le pain, particulièrement, était à prix élevé et l’on sait que cet article grevait beaucoup plus que de nos jours les budgets ouvriers (…) Le pain continua à hausser les semaines qui précédèrent la révolution.

Cette affirmation est tout à fait confirmée par l’étude des prix.

Telle est la situation au moment de la représentation de la Muette de Portici à Bruxelles, le 25 août .

Jacques Wynants